Le thème sur les mers et les océans est l'un des plus riches du programme de spécialité HGGSP en Terminale. Il mêle enjeux économiques, stratégiques, environnementaux et juridiques, à toutes les échelles, du local au global. Mais c'est aussi un sujet piégeux : beaucoup d'élèves confondent des notions, oublient des acteurs essentiels ou choisissent des exemples approximatifs. Dans cet article, nous allons identifier les principaux pièges à éviter pour réussir vos compositions et études de documents, avec des rappels de cours et des conseils de méthode concrets.
Piège n°1 : confondre « mer » et « océan » et ignorer le droit de la mer
En géopolitique, la distinction entre mer et océan n'est pas qu'une question de vocabulaire : elle renvoie à des espaces aux statuts juridiques différents. La Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM, signée à Montego Bay en 1982) définit plusieurs zones : les eaux territoriales (12 milles marins), la zone contiguë (24 milles), la zone économique exclusive (ZEE, 200 milles) et la haute mer. Beaucoup d'élèves réduisent tout à la ZEE et oublient que les espaces maritimes sont aussi des espaces de liberté (haute mer) ou de souveraineté partagée.
Autre confusion fréquente : assimiler « géopolitique des océans » à une simple histoire de routes commerciales. Or, les mers et océans sont aussi des espaces de projection de puissance militaire, de recherche scientifique, de câbles sous-marins (95 % des communications internationales passent par eux) et de biodiversité. Pour éviter ce piège, retenez que la géopolitique des océans étudie les rivalités et coopérations entre acteurs pour le contrôle, l'exploitation et la protection de ces espaces.
Piège n°2 : oublier la pluralité des acteurs
Dans une copie, on a tendance à ne citer que les États. Or, le programme insiste sur une multitude d'acteurs : les organisations internationales (ONU, OMI), les firmes transnationales (armateurs, compagnies pétrolières, câblo-opérateurs), les ONG (Greenpeace, Sea Shepherd), les collectivités territoriales, mais aussi les pirates et les pêcheurs illégaux. Ces acteurs ont des intérêts parfois convergents, souvent contradictoires.
Par exemple, dans l'océan Arctique, la fonte des glaces ouvre de nouvelles routes maritimes et l'accès à des ressources minières. Les États riverains (Russie, Canada, Danemark, Norvège, États-Unis) revendiquent des extensions de leur plateau continental, tandis que des firmes comme Rosatom (pour la route du Nord) ou des ONG environnementales s'opposent à l'exploitation. Une bonne copie doit montrer que les acteurs ne sont pas seulement des États, mais aussi des entreprises et des sociétés civiles.
Piège n°3 : négliger les échelles et les territoires
Le sujet « mers et océans » doit être traité à plusieurs échelles : mondiale (routes maritimes, océan mondial), régionale (ex. mer de Chine méridionale, Méditerranée), nationale (ZEE d'un État) et locale (port, littoral). Beaucoup d'élèves restent dans le global et oublient les ancrages territoriaux. Or, les océans sont aussi des territoires : ils sont délimités, appropriés, aménagés. Les littoraux concentrent plus de 60 % de la population mondiale et la majorité des grandes métropoles.
Pour éviter ce piège, pensez à toujours préciser l'échelle dans vos exemples. Par exemple, si vous parlez de la piraterie somalienne, montrez comment elle s'explique à l'échelle locale (faiblesse de l'État somalien, pauvreté des pêcheurs), régionale (golfe d'Aden, corridor vers le canal de Suez) et mondiale (réponse des marines de guerre internationales).
Piège n°4 : se limiter à la dimension économique et oublier les enjeux environnementaux
Le programme HGGSP met l'accent sur les enjeux environnementaux : pollution plastique, acidification, surpêche, réchauffement climatique. Or, beaucoup d'élèves traitent le thème uniquement sous l'angle commercial et stratégique. C'est un oubli majeur, car ces enjeux sont au cœur des négociations internationales et des mobilisations citoyennes.
Pour bien traiter ce point, vous pouvez évoquer la création d'aires marines protégées (AMP), comme le parc naturel de la mer de Corail en Nouvelle-Calédonie (créé en 2014, plus d'un million de km²), ou la négociation du traité sur la haute mer (adopté en 2023) visant à protéger la biodiversité au-delà des juridictions nationales. Ces exemples montrent que la protection des océans est un enjeu géopolitique à part entière, qui oppose souvent pays du Nord et du Sud.
Piège n°5 : mal utiliser les exemples (dates, lieux, chiffres approximatifs)
Les correcteurs attendent des exemples précis et correctement datés. Voici quelques exemples à connaître parfaitement :
- La mer de Chine méridionale : revendications de la Chine sur une grande partie de cette mer (ligne en U), contestées par les Philippines, le Vietnam, la Malaisie, etc. En 2016, la Cour permanente d'arbitrage de La Haye a jugé ces revendications infondées, mais la Chine n'a pas reconnu la décision.
- Le canal de Suez (ouvert en 1869) et le blocage du porte-conteneurs Ever Given en mars 2021, qui a paralysé le commerce mondial pendant près d'une semaine.
- Le détroit de Malacca : passage stratégique entre l'océan Indien et le Pacifique, environ un quart du commerce maritime mondial y transite.
- L'Arctique : la fonte de la banquise (record minimum en 2012) ouvre de nouvelles routes, comme le passage du Nord-Ouest, mais aussi des rivalités pour les ressources.
Attention : ne confondez pas les dates (Ever Given en 2021, pas 2020) et les chiffres (la ZEE s'étend à 200 milles marins, soit environ 370 km, et non pas 200 km). Une erreur de ce type peut faire perdre des points, même si le reste est bon.
Piège n°6 : négliger la dimension juridique et les traités
Le droit de la mer est un pilier de la géopolitique des océans. Outre la CNUDM (1982), il faut connaître quelques repères :
- La notion de mer territoriale (12 milles) et de zone contiguë (24 milles).
- La ZEE : zone où l'État côtier a des droits souverains sur les ressources, mais pas la souveraineté pleine.
- Le plateau continental : prolongement du continent sous la mer, qui peut s'étendre au-delà de 200 milles si des conditions géologiques sont réunies.
- Les eaux internationales (haute mer) : liberté de navigation, de survol, de pêche (sous conditions), mais aussi pavillons de complaisance.
Ces notions sont souvent confondues. Pour les retenir, imaginez des cercles concentriques depuis la côte : plus on s'éloigne, plus les droits de l'État côtier diminuent. Une bonne copie définit précisément ces termes avant de les utiliser.
Piège n°7 : réciter des connaissances sans construire une argumentation
Au bac, la composition ne doit pas être un catalogue d'exemples. Il faut une problématique claire et un plan structuré. Par exemple, pour un sujet sur « les mers et océans : espaces convoités », vous pourriez organiser votre réponse en trois parties : 1) des espaces aux ressources convoitées (pêche, hydrocarbures, minerais), 2) des espaces de rivalités entre puissances (militaires, juridiques), 3) des espaces de coopération et de gouvernance (ONU, traités, aires marines protégées).
Évitez les transitions creuses du type « passons à la deuxième partie ». Utilisez plutôt des connecteurs logiques qui montrent la progression de votre raisonnement : « Cependant », « Par ailleurs », « En revanche ».
Conseils de méthode pour réviser efficacement
Voici quelques stratégies pour éviter ces pièges le jour J :
- Faites des fiches par thème en distinguant les notions clés, les acteurs, les exemples et les dates. Utilisez nos fiches de révision pour gagner du temps.
- Entraînez-vous à l'analyse de documents : repérez la nature, la source, le contexte, puis croisez les informations avec vos connaissances. Consultez nos cours en ligne pour approfondir les points difficiles.
- Révisez les cartes : savoir situer les grands détroits (Malacca, Ormuz, Suez, Panama), les canaux, les ZEE contestées. La géopolitique des océans est très visuelle.
- Mobilisez l'actualité : lisez la presse (Le Monde, Courrier international) et suivez les sommets sur l'océan (One Ocean Summit 2022, Conférence des Nations unies sur l'océan 2025). Ces événements vous donneront des exemples récents.
- Utilisez des mind maps pour visualiser les liens entre acteurs, enjeux et échelles. Par exemple, partez du concept de « liberté de navigation » et reliez-le aux routes maritimes, aux détroits, aux tensions en mer de Chine, etc.
Pour compléter vos révisions, explorez les thèmes du programme et les ressources de nos partenaires : AlloBac pour les annales et AlloLycée pour des conseils méthodologiques.
Conclusion : maîtriser les bases pour éviter les pièges
Le thème des mers et des océans est exigeant car il mêle des dimensions multiples. Pour éviter les pièges, retenez l'essentiel : définissez précisément les notions, variez les échelles, citez des acteurs divers, utilisez des exemples exacts et datés, et structurez votre argumentation. En suivant ces conseils, vous serez en mesure de produire une copie solide qui montre votre maîtrise de la géopolitique des océans. N'oubliez pas de vous entraîner régulièrement et de consulter les ressources de votre professeur et de notre site. Bonne chance pour vos révisions !
