Le terrorisme est une notion centrale du programme de spécialité HGGSP en Terminale, notamment dans l'axe sur « La conflictualité armée » et dans l'objet de travail conclusif « Faire la paix, construire la paix » ou encore dans le thème sur « Les nouveaux espaces de conquête » (cyberterrorisme). Mais comment définir précisément ce phénomène ? Quels sont ses acteurs, ses échelles, et comment l'étudier de manière rigoureuse et neutre ? Cet article vous propose une synthèse claire et structurée, avec des exemples concrets et des conseils méthodologiques pour le bac.
Qu'est-ce que le terrorisme ? Définition et critères
Définir le terrorisme est un exercice délicat car la notion est à la fois juridique, politique et médiatique. En HGGSP, on retient généralement une définition opérationnelle : le terrorisme est l'usage de la violence ou de la menace de violence contre des cibles non combattantes (civils, biens symboliques) dans le but de créer un climat de terreur au sein d'une population, afin de peser sur les décisions d'un gouvernement ou de faire connaître une cause.
Les critères qui distinguent le terrorisme d'autres formes de violence
Pour éviter les confusions, il faut distinguer le terrorisme du crime organisé, de la guérilla ou de la guerre conventionnelle. Trois critères sont souvent mis en avant :
- La nature des cibles : le terrorisme vise délibérément des civils ou des biens non militaires, contrairement à la guerre qui cible des combattants.
- L'objectif psychologique : la violence terroriste cherche à produire un effet de terreur massive, au-delà des victimes directes, en utilisant la médiatisation.
- Le mode d'action : l'action est souvent clandestine, spectaculaire et asymétrique, visant à compenser un déséquilibre de puissance.
Il est important de noter que la qualification de terrorisme est souvent contestée : un même acte peut être qualifié de terroriste par certains et de résistance par d'autres. En HGGSP, on adopte une approche analytique : on examine les faits, les acteurs et les contextes sans adopter de jugement moral.
Les acteurs du terrorisme : diversité des profils et des motivations
Le terrorisme n'est pas un phénomène unifié. On peut distinguer plusieurs types d'acteurs selon leurs motivations :
Terrorisme idéologique et politique
Certains groupes utilisent la violence pour renverser un régime ou imposer une idéologie. Par exemple, en Europe dans les années 1970-1980, des groupes d'extrême gauche comme la Fraction armée rouge (RFA) ou les Brigades rouges (Italie) ont mené des attentats contre des représentants de l'État. Leur objectif était de déstabiliser les démocraties capitalistes.
Terrorisme nationaliste ou indépendantiste
D'autres mouvements revendiquent l'indépendance d'un territoire. L'ETA au Pays basque espagnol, par exemple, a mené une lutte armée de 1959 à 2011 pour l'indépendance du Pays basque. Plus récemment, des groupes comme le FLNC en Corse ont utilisé des actions violentes pour attirer l'attention sur leurs revendications.
Terrorisme religieux
Depuis les années 1990, le terrorisme djihadiste est devenu une préoccupation majeure. Des organisations comme Al-Qaïda (créée en 1988) et Daech (État islamique, proclamé en 2014) justifient leurs actions par une interprétation radicale de l'islam. Leur but est de créer un califat et de lutter contre les puissances occidentales. Les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis (près de 3 000 morts) ont marqué un tournant mondial dans la lutte antiterroriste.
Terrorisme d'État ?
Il faut aussi évoquer la notion de terrorisme d'État, où un État utilise la violence contre sa propre population ou contre des opposants à l'étranger. Par exemple, sous le régime des Khmers rouges au Cambodge (1975-1979), le pouvoir a assassiné des centaines de milliers de personnes. Cette notion est controversée car elle remet en cause la définition classique qui exclut les États.
Enfin, on assiste à l'émergence du cyberterrorisme : des attaques informatiques menées par des groupes terroristes pour paralyser des infrastructures critiques (centrales électriques, réseaux bancaires). C'est un enjeu nouveau abordé en HGGSP, car il brouille les frontières entre guerre et crime.
Les échelles du terrorisme : du local au mondial
Le terrorisme s'inscrit dans des échelles multiples, du local au global. Il est essentiel de savoir les distinguer pour analyser les enjeux.
L'échelle locale et nationale
Certains groupes agissent dans un cadre national, comme les indépendantistes. Leurs actions visent à peser sur les négociations avec un État précis. Par exemple, l'IRA en Irlande du Nord a mené des attentats en Grande-Bretagne pour obtenir la réunification de l'île.
L'échelle régionale
D'autres groupes opèrent à l'échelle d'une région, comme Boko Haram en Afrique de l'Ouest (Nigeria, Tchad, Cameroun). Leurs attaques déstabilisent plusieurs pays et nécessitent des réponses régionales coordonnées.
L'échelle mondiale
Le terrorisme djihadiste, lui, se revendique mondial. Al-Qaïda et Daech ont des cellules dans de nombreux pays et utilisent les réseaux sociaux pour recruter. Les attentats de Paris en 2015 (13 novembre) ont montré que des commandos pouvaient frapper au cœur de l'Europe. La réponse internationale, comme la coalition menée par les États-Unis contre Daech (à partir de 2014), illustre la dimension globale de la lutte.
La lutte contre le terrorisme : enjeux et moyens
Face à cette menace, les États mettent en place des stratégies variées. La lutte contre le terrorisme est un thème central en HGGSP, car il soulève des questions sur la sécurité, les libertés publiques et la coopération internationale.
Les moyens juridiques et policiers
Les États adoptent des lois antiterroristes, comme le Patriot Act aux États-Unis (2001) ou la loi française du 24 juillet 2015 relative au renseignement. Ces lois élargissent les pouvoirs de surveillance (écoutes, fichiers) mais peuvent être critiquées pour leurs atteintes aux libertés individuelles.
La coopération internationale
Le terrorisme étant transnational, la coopération est essentielle. Interpol, Europol et des accords bilatéraux permettent le partage de renseignements. L'ONU a adopté plusieurs résolutions, comme la résolution 1373 (2001) qui oblige les États à criminaliser le financement du terrorisme.
La réponse militaire
Certaines opérations militaires visent à détruire les sanctuaires terroristes, comme l'intervention française au Sahel (opération Barkhane, 2014-2022) contre les groupes djihadistes. Mais ces interventions peuvent avoir des effets controversés, comme la montée du sentiment anti-français dans certains pays.
La prévention et la lutte contre la radicalisation
Une autre approche consiste à prévenir la radicalisation, par l'éducation, le dialogue social et le suivi des personnes vulnérables. En France, le plan de lutte contre la radicalisation, lancé en 2014, comprend des cellules de suivi dans chaque département.
Il est important de souligner que la lutte contre le terrorisme est un équilibre délicat entre sécurité et libertés. Les citoyens doivent être informés pour participer au débat démocratique.
Exemples concrets pour le bac : études de cas
Pour illustrer vos dissertations ou vos études de documents, voici deux exemples majeurs à connaître.
Les attentats du 11 septembre 2001
Le 11 septembre 2001, des terroristes d'Al-Qaïda détournent quatre avions de ligne. Deux sont projetés sur les tours du World Trade Center à New York, un sur le Pentagone, et le quatrième s'écrase en Pennsylvanie après l'intervention des passagers. Bilan : près de 3 000 morts. Cet événement a un retentissement mondial : il provoque la « guerre contre le terrorisme » menée par les États-Unis en Afghanistan (2001) et en Irak (2003), et transforme les politiques de sécurité intérieure (création du département de la Sécurité intérieure aux États-Unis, durcissement des contrôles aéroportuaires).
Les attentats de Paris du 13 novembre 2015
Coordonnés par Daech, ces attentats font 130 morts dans plusieurs lieux de la capitale (Bataclan, terrasses de cafés, Stade de France). La France décrète l'état d'urgence et intensifie les frappes en Syrie. Cet exemple montre la dimension transnationale du terrorisme (commandos venus de Belgique, planification en Syrie) et la difficulté de la prévention.
Ces cas permettent d'analyser les acteurs, les motivations, les modes d'action et les réponses étatiques. Ils sont fréquemment cités dans les sujets de bac.
Méthodologie pour le bac HGGSP : comment aborder le terrorisme
Pour réussir votre épreuve (dissertation ou étude de documents), voici quelques conseils méthodologiques.
Organiser ses connaissances
Structurez vos idées autour de trois axes : définition et acteurs, échelles et mécanismes, réponses et enjeux. Utilisez des exemples précis avec des dates et des chiffres. Faites des fiches par thème, comme celles proposées sur AlloGéopolitique.
Analyser un document
Pour une étude de documents, identifiez d'abord la nature du document (discours, article, caricature), son auteur, sa date. Puis dégagez les idées principales en lien avec le sujet. Enfin, confrontez les documents entre eux et avec vos connaissances.
Construire une argumentation
Dans une dissertation, vous devez problématiser. Par exemple : « Le terrorisme est-il un phénomène nouveau ? » ou « Comment les États peuvent-ils lutter contre le terrorisme sans sacrifier les libertés ? ». Organisez votre plan en trois parties, avec des transitions.
Pour approfondir, consultez les cours et les thèmes de notre site, qui vous aideront à réviser efficacement.
Conclusion
Le terrorisme est un objet d'étude complexe qui mêle histoire, géopolitique et sciences politiques. En HGGSP, il faut apprendre à le définir avec précision, à identifier ses acteurs et ses échelles, et à analyser les réponses étatiques sans parti pris. La maîtrise de ce thème vous sera utile non seulement pour le bac, mais aussi pour comprendre l'actualité.
N'hésitez pas à vous entraîner avec des sujets types et à consulter des ressources complémentaires, comme celles de AlloLycée ou AlloBac, pour vérifier vos connaissances.
