Le terrorisme est l'une des notions clés du programme de spécialité HGGSP en Terminale. Il mobilise des connaissances historiques, géopolitiques et juridiques, et fait régulièrement l'objet de questions au bac. Pourtant, cette notion est souvent mal comprise ou réduite à des clichés. Cet article vous propose une synthèse claire et rigoureuse pour maîtriser le sujet, comprendre les enjeux et réussir vos épreuves. Nous verrons d'abord comment définir le terrorisme, puis nous analyserons les acteurs et les mécanismes, avant d'étudier des exemples concrets et de vous donner des conseils de méthode pour le bac.
Qu'est-ce que le terrorisme ? Définition et enjeux
Avant toute chose, il est essentiel de définir précisément le terrorisme. Une définition simple : c'est l'usage de la violence ou de la menace de violence contre des civils ou des non-combattants dans un but politique, religieux ou idéologique. Cette violence vise à créer un climat de peur pour faire pression sur un gouvernement ou une population. Cette définition est inspirée de celle donnée par l'ONU, mais il n'existe pas de définition universellement acceptée, car la notion est politiquement sensible.
Distinguer terrorisme et guérilla
Il est important de ne pas confondre terrorisme et guérilla. La guérilla est une forme de guerre menée par des groupes armés non étatiques, qui visent des cibles militaires ou stratégiques. Le terrorisme, lui, cible délibérément des civils pour créer un choc psychologique. Par exemple, les attentats du 11 septembre 2001 contre les tours du World Trade Center sont des actes terroristes, alors que les embuscades de la guérilla colombienne des FARC contre l'armée relèvent de la guérilla.
Les critères juridiques
Dans le droit international, le terrorisme est condamné par plusieurs résolutions de l'ONU, comme la résolution 1373 (2001) adoptée après les attentats du 11 septembre. Cependant, les États peinent à s'accorder sur une définition juridique commune. Certains pays utilisent des lois antiterroristes nationales. En France, l'article 421-1 du Code pénal définit les actes terroristes comme des infractions en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur.
Les acteurs du terrorisme : qui, pourquoi, comment ?
Le terrorisme n'est pas un phénomène monolithique. Il existe plusieurs types de terrorismes, avec des acteurs et des motivations différentes. On peut les classer en trois grandes catégories.
Terrorisme politique et idéologique
Certains groupes utilisent la violence pour renverser un régime ou défendre une idéologie politique. Par exemple, en Europe dans les années 1970-1980, des groupes d'extrême gauche comme la Fraction armée rouge (RAF) en Allemagne ou les Brigades rouges en Italie ont commis des attentats contre des personnalités et des symboles de l'État. Leur but était de provoquer une révolution. Aujourd'hui, on peut citer des groupes d'extrême droite comme en Norvège, où Anders Behring Breivik a perpétré des attentats en 2011 contre des jeunes travaillistes.
Terrorisme religieux
Depuis les années 1980, le terrorisme religieux a pris une ampleur considérable. Des groupes comme Al-Qaïda, fondé par Oussama Ben Laden, puis l'État islamique (Daech) se revendiquent d'une interprétation radicale de l'islam. Ils justifient leurs actions par des textes religieux, mais cette interprétation est rejetée par la grande majorité des musulmans. Ces groupes ont une dimension transnationale et utilisent les réseaux sociaux pour recruter et diffuser leur propagande. Le 11 septembre 2001 est l'acte fondateur de cette mouvance djihadiste.
Terrorisme nationaliste ou séparatiste
Certains mouvements luttent pour l'indépendance d'un territoire et utilisent le terrorisme comme moyen de pression. Par exemple, l'ETA (Euskadi Ta Askatasuna) en Espagne a mené des attentats pour l'indépendance du Pays basque, jusqu'à sa dissolution en 2018. En Irlande du Nord, l'IRA (Armée républicaine irlandaise) a lutté pour la réunification de l'Irlande. Ces mouvements ont souvent un soutien local, ce qui complique la lutte antiterroriste.
La lutte contre le terrorisme : échelles et acteurs
Face à cette menace, les États et les organisations internationales ont mis en place des dispositifs de lutte contre le terrorisme. Cette lutte se déploie à plusieurs échelles : nationale, régionale et internationale.
La coopération internationale
Au niveau mondial, l'ONU joue un rôle central. Le Conseil de sécurité a adopté des résolutions contraignantes pour les États membres, comme la résolution 1373 (2001) qui oblige les États à criminaliser le financement du terrorisme. Des agences spécialisées comme INTERPOL facilitent la coopération policière. Depuis 2001, les États-Unis ont lancé une « guerre contre le terrorisme » (War on Terror) qui a conduit à des interventions militaires en Afghanistan (2001) et en Irak (2003). Ces actions sont critiquées pour leurs conséquences civiles et leur efficacité contestée.
La coopération européenne
L'Union européenne a développé une politique de lutte contre le terrorisme, avec des agences comme Europol. Après les attentats de Paris en 2015, l'UE a renforcé les contrôles aux frontières et la coopération en matière de partage de données. Le mandat d'arrêt européen permet d'extrader les suspects entre États membres. Cependant, les États gardent la main sur leur politique de sécurité, ce qui crée parfois des divergences.
Les stratégies nationales
Chaque État a sa propre stratégie. La France, par exemple, a mis en place le plan Vigipirate, un dispositif de vigilance et de protection contre les attentats. Elle a également renforcé ses lois antiterroristes, comme la loi du 3 juin 2016 qui crée des mesures de contrôle individuelles. Depuis 2017, la loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme (SILT) permet des perquisitions administratives et des assignations à résidence. Ces mesures sont débattues car elles peuvent restreindre les libertés publiques. D'autres pays, comme le Royaume-Uni, utilisent des programmes de déradicalisation.
Exemples concrets : étudier des attentats marquants
Pour le bac, il est utile de connaître des exemples précis. Voici deux cas emblématiques, analysés sous l'angle géopolitique.
Les attentats du 11 septembre 2001
Le 11 septembre 2001, des membres d'Al-Qaïda détournent quatre avions de ligne. Deux sont projetés sur les tours jumelles du World Trade Center à New York, un sur le Pentagone, et le quatrième s'écrase en Pennsylvanie après la réaction des passagers. Bilan : près de 3 000 morts. Cet événement a un impact géopolitique majeur : il déclenche la « guerre contre le terrorisme » menée par les États-Unis, avec l'intervention en Afghanistan pour renverser le régime taliban qui protégeait Al-Qaïda. Il conduit aussi à la création de lois antiterroristes strictes et à une surveillance accrue.
Les attentats de Paris du 13 novembre 2015
Le 13 novembre 2015, une série d'attentats coordonnés frappe Paris et Saint-Denis : fusillades dans des restaurants, explosions près du Stade de France, et prise d'otages au Bataclan. Bilan : 130 morts. Ces attentats sont revendiqués par l'État islamique (Daech). Ils montrent la capacité d'un groupe terroriste à frapper des cibles civiles dans une grande capitale européenne. La France déclare alors l'état d'urgence et intensifie ses actions militaires en Syrie et en Irak. Ces attentats ont aussi eu des conséquences politiques et sociales, comme la montée des tensions communautaires.
Méthodologie pour le bac : comment mobiliser ces connaissances ?
En HGGSP, l'épreuve du bac comprend une dissertation et une étude de documents. Voici comment utiliser vos connaissances sur le terrorisme.
Pour la dissertation
Si le sujet porte sur le terrorisme, vous devez construire un plan structuré. Par exemple :
- I. Un phénomène multiforme : définir les différents types de terrorisme (politique, religieux, nationaliste) avec des exemples.
- II. Un enjeu géopolitique majeur : montrer comment le terrorisme redéfinit les relations internationales (guerre contre le terrorisme, coopération).
- III. Une lutte complexe et controversée : analyser les moyens mis en place, leurs limites et les débats sur les libertés.
Utilisez des transitions entre les parties et citez des dates précises. Pour approfondir, consultez nos fiches thématiques et cours complets.
Pour l'étude de documents
Analysez les documents avec méthode : identifier la nature, l'auteur, la date, et confronter les points de vue. Par exemple, un graphique sur le nombre d'attentats dans le monde peut être mis en relation avec des événements géopolitiques comme la guerre en Syrie. N'oubliez pas de définir les notions clés comme « terrorisme », « État islamique », « djihadisme ». Pour vous entraîner, utilisez nos fiches de révision.
Conclusion
Le terrorisme est un phénomène complexe qui mêle histoire, géopolitique et droit. Pour le bac HGGSP, il est essentiel de maîtriser les définitions, les acteurs, les exemples et les enjeux de la lutte contre le terrorisme. Ce sujet est également l'occasion de réfléchir aux tensions entre sécurité et libertés, un débat majeur de nos démocraties. Si vous souhaitez approfondir d'autres thèmes du programme, n'hésitez pas à explorer les ressources d'AlloGéopolitique. Bonne révision !
