Objectifs du chapitre
- •Comprendre l'importance strategique des mers
- •Connaitre les grandes routes maritimes
- •Identifier les ressources maritimes
- •Analyser les tensions en mer
Plan du cours
I. Un monde maritimisé
Plus de 90% du commerce mondial transite par la mer. C'est le mode de transport le moins cher et le plus efficace pour les marchandises lourdes et volumineuses. Les porte-conteneurs géants (jusqu'à 24 000 conteneurs pour les plus gros) transportent des milliards de tonnes de marchandises chaque année. Les grands ports mondiaux sont devenus des hubs logistiques essentiels : Shanghai (premier port mondial), Singapour, Rotterdam, Dubaï. La "maritimisation" de l'économie signifie que les littoraux concentrent les activités : 60% de la population mondiale vit à moins de 100 km des côtes. Les façades maritimes d'Asie de l'Est et d'Europe du Nord sont les plus dynamiques.
II. Les routes maritimes stratégiques
Certains passages maritimes sont vitaux pour le commerce mondial. Les détroits sont des goulets d'étranglement naturels : Malacca (entre Indonésie et Malaisie) voit passer 25% du commerce mondial ; Ormuz (entre Iran et Oman) est la porte de sortie du pétrole du Golfe ; Bab-el-Mandeb (entre Yémen et Djibouti) relie la mer Rouge à l'océan Indien. Les canaux sont des constructions humaines : Suez (1869) raccourcit de 10 000 km la route Europe-Asie ; Panama (1914) évite le contournement de l'Amérique du Sud. Les blocages (Ever Given à Suez en 2021) montrent la fragilité du système. Le réchauffement climatique ouvre de nouvelles routes arctiques, qui raccourciraient la distance Europe-Asie mais posent des questions environnementales.
III. Exploiter les mers
Les océans regorgent de ressources. La pêche fournit 20% des protéines animales consommées dans le monde. Mais la surpêche menace les stocks : 90% des espèces commerciales sont pleinement exploitées ou surexploitées. Le pétrole et le gaz offshore représentent 30% de la production mondiale. Les plateformes pétrolières exploitent des gisements toujours plus profonds (golfe du Mexique, mer du Nord, Brésil). Les fonds marins contiennent des "nodules polymétalliques" riches en métaux rares (cobalt, manganèse) convoités pour les batteries. Les énergies marines renouvelables se développent : éoliennes offshore, hydroliennes, énergie des vagues. L'économie bleue (tourisme côtier, aquaculture, biotechnologies marines) est en plein essor.
IV. Mers sous tensions
Les mers sont des espaces de rivalités. La Convention de Montego Bay (1982) définit les Zones économiques exclusives (ZEE) : chaque État côtier contrôle les ressources jusqu'à 200 milles nautiques (370 km) de ses côtes. Mais les frontières maritimes sont souvent contestées. La mer de Chine méridionale est le principal point chaud : la Chine revendique 90% de cet espace, s'opposant au Vietnam, aux Philippines, à la Malaisie. Elle construit des îles artificielles et y installe des bases militaires. La piraterie persiste dans certaines zones (golfe de Guinée, détroit de Malacca autrefois). Les océans souffrent aussi : pollution plastique (un "continent" de déchets dans le Pacifique), acidification, réchauffement, destruction des écosystèmes. La gouvernance des océans est un défi mondial.
