Criminalité et géopolitique
La criminalité organisée transnationale représente une menace majeure pour la stabilité des États et les relations internationales. Avec un chiffre d'affaires estimé entre 1 500 et 2 000 milliards de dollars par an, elle rivalise avec les budgets de nombreux États.
Ces organisations exploitent les failles de la mondialisation : frontières poreuses, paradis fiscaux, zones de non-droit. Elles prospèrent particulièrement dans les "États faillis" ou affaiblis, où elles peuvent corrompre les institutions et parfois se substituer à l'autorité publique.
Le lien entre crime organisé et géopolitique est double : certains États instrumentalisent les réseaux criminels (Russie et groupes de hackers, Corée du Nord et cybercriminalité), tandis que d'autres sont déstabilisés par leur emprise (Mexique, certains pays d'Amérique centrale, Afghanistan).
L'économie criminelle mondiale
- •2 000 milliards de dollars générés annuellement par le crime organisé transnational.
- •2 à 5% du PIB mondial est blanchi chaque année.
- •40 millions de personnes victimes de travail forcé ou d'exploitation.
Types d'activités criminelles
Narcotrafic
650 Mds $/an
Cocaïne, héroïne, drogues synthétiques
Trafic d'êtres humains
150 Mds $/an
Exploitation sexuelle, travail forcé
Cybercriminalité
8 000 Mds $/an
Ransomware, fraude, vol de données
Trafic d'armes
1 Md $/an
Marchés noirs, zones de conflit
Zones géographiques clés
Cartels mexicains et colombiens, routes de la cocaïne
Plaque tournante du trafic vers l'Europe
Birmanie, Laos, Thaïlande - opium et méthamphétamines
Mafias russes, ukrainiennes, blanchiment
Impacts géopolitiques
États faillis
Quand l'État perd le monopole de la violence et du contrôle territorial au profit d'organisations criminelles (narco-États, zones grises).
Criminalité d'État
Certains régimes utilisent les réseaux criminels comme instruments de politique étrangère : cyberattaques, contournement de sanctions, déstabilisation.
Blanchiment
L'intégration des flux criminels dans l'économie légale fragilise les systèmes financiers et fausse la concurrence économique internationale.
