BRICS
BRICS
Groupe des principales puissances émergentes, alternative au monde occidental.
Missions
Comprendre BRICS
D'un acronyme à un groupe politique
"BRIC" est d'abord un acronyme inventé en 2001 par Jim O'Neill, économiste de Goldman Sachs, pour désigner les quatre grands pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine) appelés à dominer l'économie mondiale. En 2009, les quatre pays décident de transformer ce concept marketing en réalité politique : le premier sommet BRIC se tient à Ekaterinbourg (Russie). L'Afrique du Sud rejoint le groupe en 2011, ajoutant le "S" à l'acronyme. Le message est clair : les émergents veulent peser dans la gouvernance mondiale, dominée par l'Occident depuis 1945.
Institutions et coopération
Les BRICS créent leurs propres institutions pour contourner le système occidental. La Nouvelle Banque de développement (NDB, siège à Shanghai), lancée en 2014, finance des projets d'infrastructure – une alternative à la Banque mondiale. L'Arrangement contingent de réserves (CRA) de 100 milliards de dollars joue le rôle de filet de sécurité financier, comme un mini-FMI. Les sommets annuels, les réunions ministérielles et les forums d'affaires tissent une coopération croissante. Mais les BRICS restent peu institutionnalisés comparés à l'UE ou même au G7 : pas de secrétariat permanent, pas de traité.
Élargissement historique de 2024
Le sommet de Johannesburg (août 2023) marque un tournant : les BRICS invitent six nouveaux pays à les rejoindre au 1er janvier 2024 : l'Iran, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l'Égypte, l'Éthiopie et l'Argentine (qui se retire finalement sous le président Milei). Le groupe passe de 5 à 9 membres, représentant désormais plus de 40% de la population mondiale et 35% du PIB. Cet élargissement reflète l'attrait croissant du bloc pour les pays du "Sud global" qui cherchent à réduire leur dépendance envers l'Occident. Plus de 40 pays ont exprimé leur intérêt pour une adhésion.
Forces et faiblesses
Les BRICS incarnent la montée d'un monde multipolaire et contestent l'hégémonie occidentale. Ils appellent à la "dédollarisation" (réduire le rôle du dollar dans le commerce international), même si créer une monnaie commune reste un rêve lointain. Mais le groupe souffre de contradictions internes. La Chine et l'Inde sont des rivaux stratégiques (conflit frontalier en Himalaya). L'Inde et l'Arabie saoudite coopèrent avec les États-Unis. La Russie, isolée par les sanctions, pèse moins économiquement. Le seul vrai ciment est la volonté de contester l'ordre occidental – ce qui peut suffire à souder le groupe, ou au contraire s'avérer trop fragile.
Structure et organes
Sommet annuel
Chefs d'État
Nouvelle Banque de développement
Alternative à la Banque mondiale (Shanghai)
Arrangement de réserves
Filet de sécurité financier
Forum d'affaires
Coopération économique
Enjeux actuels
- →Élargissement
- →Cohésion interne
- →Dédollarisation
- →Alternative à l'ordre occidental
Critiques
- •Hétérogénéité
- •Rivalités internes (Chine-Inde)
- •Faible institutionnalisation
- •Poids économique disparate
